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N°286 À la rencontre de Tzipporah MAYALA la Présidente de L'Étoile de l'Afrique et la Directrice de l'Observatoire de l'Audiovisuel Africain

Nous construisons demain en parlant de vous

· France,Afrique,Entrepreneuriat,Art,Femme

L’Afrique et la culture africaine seront très importantes dans l’industrie artistique mondial, sur le moyen et long terme. Nous pouvons observer le développement d’une narration de l’Afrique du point de vue du cinéma occidentale (Hollywood, le cinéma français, etc.) à travers des films comme Black Panther, The Woman King, et d’autres films à fort impact narratif qui sont en cours de préparation. Nous pouvons citer dans cette continuité des albums visuels autour de la culture africaine, comme l’album The Lion King: The Gift de Beyoncé. Sans oublier les documentaires sur l’histoire de l’Afrique, comme le projet Mansa Aboubakari II qui est réalisé par Thierry Bugaud. Mais où se positionnent les africains dans le processus de création lié à l’industrie culturelle qui génère des milliards de dollars dans le monde? Pourtant le continent africain regorge d’histoires vraies qui méritent d’être adaptées au cinéma, à la télévision ou au théâtre, par les africains pour le monde. Le développement des technologies comme l’Intelligence Artificielle (IA), des plateformes comme Netflix qui ont contribué dans une certaine mesure à démocratiser l’accès au financement et à une audience internationale pour le cinéma africain. L’émergence de ces structures qui servent plus l’économie culturelle occidentale que l’Afrique, ne suffit pas. Nous observons le développement de plateformes locales qui permettent d’investir dans le cinéma africain comme la plateforme CINAF au Cameroun, en Afrique centrale. Mais nous sommes obligés de reconnaître que cela ne suffit pas pour un marché de plus de 1 milliard d’africains, répartis en plusieurs zones (Afrique de nord, du sud, de l’ouest, du centre et de l’est), avec des cultures, des langues et des réalités socio-économiques différentes. L’enjeu est grand et les actions sont quasi infinies pour développer le cinéma africain, notamment en s’appuyant sur la diaspora africaine, qui jusque là investit plus dans les secteurs que nous pouvons qualifier de classique comme l’agriculture, le commerce, le tourisme mais en ce qui concerne la culture elle est moins regardante. Notre entrevue avec Tzipporah MAYALA, une professionnelle du secteur culturel qui a décidé d’agir et d’être parmi les précurseurs en termes d’investissement dans le secteur artistique et audiovisuel. Fondatrice de L’Étoile de l’Afrique dont elle est aussi la Présidente et de l’Observatoire de l’Audiovisuel Africain, Tzipporah MAYALA valorise d’une part le narratif africain à travers des moyens classiques et modernes. D’autre part, elle mise sur l’importance des données qui sont utiles dans une logique d’amélioration et de mesure des actions pour les orienter vers de meilleures opportunités économiques. Enfin elle propose l’accompagnement et la formation des talents (devant et derrière la caméra) car il est clair que les artistes ont besoin de se former continuellement pour correspondre aux normes internationales.

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Un beau projet qui n’a pas son pareil pour le moment dans le monde culturel et audiovisuel africain et qui se fonde sur une dimension inclusive et respectueuse des diversités ainsi que des savoir-faire au sein des différents écosystèmes culturels africains. Nous sommes passionnés de cinéma, notamment africain. Dans la catégorie des séries, nous observons nettement une différence entre les séries sénégalaises et camerounaises dans leurs narratifs, les décors, les messages et les cultures pourtant les deux se perfectionnent de plus en plus. Tenir compte de ces diversités parmi tant d’autres, est déjà un pari de taille pour L’Étoile de l’Afrique que Tzipporah MAYALA considère comme une institution culturelle. Une institution a vocation à créer les tendances de demain, faire la différence, définir les normes et les défaire dans un secteur ou un écosystème dont elle est la locomotive. Vous êtes un professionnel du secteur culturel, un entrepreneur qui évolue dans la culture, un manager culturel ou un artiste, un élu local chargé de la culture, une association culturelle, un créateur de concept artistique et culturel ou une structure qui souhaite investir culturellement dans sa gestion des ressources humaines? Vous pouvez contacter Tzipporah MAYALA sur les adresses suivantes :

  • Linkedin : https://www.linkedin.com/in/tzipporah-mayala/
  • Instagram : https://www.instagram.com/letoiledelafrique_officielle/
  • Site web : https://letoiledelafrique.fr/

La qualité d’un projet se mesure par l'expérience de son fondateur et son apport dans le secteur d’activité du projet. Dans cette logique, Tzipporah MAYALA compte à son actif une expérience riche et transversale. Avec des formations en journalisme, communication, audiovisuel, acting et réalisation, notamment dans les écoles comme Jaris Act’Pro, Cours Florent et CLCF Conservatoire du Cinéma et de la Fiction, d'où elle est sortie en 2024 avec un diplôme de Directrice de la Production, Cinématographie et Production de Films et de Vidéos. Nous pouvons ajouter à ses compétences le coaching d’acteurs, les arts dramatiques, le théâtre, le cinéma, l’improvisation et la gestion de scène, à côté de ses formations elle a été Graphiste, Journaliste dans les média comme la Radio Fréquence Paris Plurielles, la chaîne Africa 24, Médiatrice Culturelle à la Ville de Paris et à la Ville de Montreuil.

"Après avoir accumulé des expériences professionnelles dans différents secteurs, elle a fait ses premières marques dans la distribution avant de créer L’Étoile de l’Afrique, une structure spécialisée dans la création et la distribution de films, l’accompagnement de talents artistiques, l’organisation d’événements (comme des festivals par exemple), la conception et le pilotage de projets cinématographiques, la recherche de partenariats, l’organisation d’ateliers et la formation."

Elle a également été Élue chargée de la coopération culturelle franco-africaine : accords bilatéraux, coproductions et échanges artistiques à la Ville de Montreuil. Elle a occupé le poste de Responsable de la Communication Évenementielle et Chargée de Web Marketing Digital à la Ville de Versailles. Ensuite elle a occupé des postes intéressants au sein des collectivités locales, elle est retournée au journalisme et compte des opportunités chez France Télévisions, RTL, Newen Studios qui est devenu Studio TF1. Après avoir accumulé des expériences professionnelles dans différents secteurs, elle a fait ses premières marques dans la distribution avant de créer L’Étoile de l’Afrique, une structure spécialisée dans la création et la distribution de films, l’accompagnement de talents artistiques, l’organisation d’événements (comme des festivals par exemple), la conception et le pilotage de projets cinématographiques, la recherche de partenariats, l’organisation d’ateliers et la formation. Notre objectif n’est pas de citer les postes qui forment un parcours mais de mettre en avant le professionnalisme sur lequel se base le projet qui est à ses débuts. Nous vous laissons découvrir le parcours de Tzipporah MAYALA qui remet en valeur le secteur culturel africain qui est sous-estimé par la diaspora africaine et ce rendez-vous manqué a besoin d’être corrigé, de manière collective par les africains de la diaspora et ceux qui sont sur le continent. Parce que le cinéma est un secteur qui a énormément d’impact sur l’économie locale, ce qui nécessite de s’y intéresser, pas pour être un professionnel directement impliqué, mais pour être un soutien financier, médiatique ou qui apporte une valeur ajoutée adaptée à un contexte. L’Afrique a rendez-vous avec son narratif dans cette ère marquée par une grande place donnée aux émotions qui sont elles-mêmes liées à la manière dont elles sont exprimées, par qui elles le sont et pour quels objectifs. Il est donc important que les africains se réapproprient leur narratif, avec audace et surtout sans s’excuser, dans un contexte mondialisé qui donne une valeur marchande à une culture qui repose sur des histoire à raconter pour soi, entre soi et au monde. Cet objectif nécessite la création de projets autour de l’art, de l’éducation, de l’expression sous ses formes les plus créatives et à tout âge. Comme Tzipporah MAYALA, nous avons eu l’opportunité de travailler au sein des collectivités locales françaises et nous savons à quel point cette société favorise des cadres d’épanouissement pour tous les citoyens, des plus jeunes aux séniors dont le nombre commence à croître sur les territoires africains. La ressemblance partielle de nos parcours nous permet de comprendre, suffisamment, ses ambitions et son projet innovant, créatif, inclusif, transversal avec une forte dimension humaine car il est difficile de parler de narratif sans l’humain. Si les professions libérales, l’informatique et le développement durable, de manière plus récente, connaissent du succès en Afrique, nous pensons que l’art et le cinéma vont nous faire entrer dans une Afrique des lumières, à l’aide des nouvelles technologies qui n’existaient pas au temps de l’Europe des lumières.

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Les acteurs locaux et ceux issus de la diaspora qui l’auront compris seront les leaders de cette nouvelle ère, pendant laquelle les jeunes rêveraient de travailler dans l’art et la culture autant que dans les domaines qui font les beaux jours à l’heure actuelle. C’est dans cette logique que Arcare Concept a créé la Bibliothèque Sociale Modibo et Kadiatou à Bamako, un concept innovant qui n’est pas encore compris qui sera une structure incontournable sur le moyen et long terme dans cette quête d’autonomie culturelle liée à la maîtrise de notre narratif. L’art, la culture, le cinéma est un secteur que nous trouvons très intéressant car ce sont des canaux d’éducation, de développement personnel, de reconnexion à sa culture, surtout pour ceux qui sont loin de leurs terres natales. Il s’agit donc d’une affaire sérieuse sur laquelle il faut investir pour le développement identitaire des communautés dans le temps et dans l’espace. Le rapport à l’esthétique, au social, à l’épanouissement personnel, au collectif est différent d’un continent à un autre, d’une culture à une autre. C’est la raison pour laquelle l’Afrique doit se réapproprier son narratif, le revendiquer voire l’inscrire dans le patrimoine immatériel de l’humanité. Le travail sérieux, la créativité, l’autonomie professionnelle et la transmission sincère seront des moyens et des ressources nécessaires pour réaliser ce pari valorisant pour l’Afrique.

Pouvez-vous vous présenter à nos lectrices et lecteurs, s’il vous plaît ?

Je suis Tzipporah MAYALA, Présidente et fondatrice de L’Étoile de l’Afrique® et fondatrice de l’Observatoire de l’Audiovisuel Africain. Je travaille à la croisée du cinéma, de l’audiovisuel, de la diplomatie culturelle, de la formation, de la donnée et, désormais, de l’intelligence artificielle. Mon sujet central est la souveraineté narrative. Je suis convaincue que l’Afrique ne doit pas seulement produire davantage d’images : elle doit être capable de maîtriser la manière dont ses histoires sont créées, financées, produites, diffusées, documentées et transmises. Mon travail s’organise donc autour de trois espaces qui doivent davantage dialoguer : l’Afrique, l’Europe et les diasporas.

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Si vous deviez vous définir en trois mots, lesquels choisiriez-vous et pourquoi ?

Je suis :

  • visionnaire, parce que j’ai souvent tendance à construire ce qui n’existe pas encore. Cela peut être inconfortable : lorsque vous voyez une architecture avant qu’elle soit visible par les autres, il faut accepter quelques regards interrogateurs !
  • déterminée, parce que les projets que je porte nécessitent de la constance. Entre une idée et une institution, il y a énormément de travail;
  • libre, parce que je tiens profondément à mon indépendance intellectuelle. Je peux écouter tout le monde, travailler avec de grandes institutions, mais je veux conserver la liberté de penser, de créer et de dire ce que j’observe.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Mon parcours n’est pas linéaire, et je pense aujourd’hui que c’est précisément ce qui en fait sa force. J’ai progressivement construit mon expertise autour de la création, de l’audiovisuel, de la transmission, des industries culturelles et des relations entre l’Afrique, l’Europe et les diasporas. Puis une question s’est imposée à moi : qui produit la connaissance sur nos industries ? Nous parlons énormément du potentiel du cinéma africain. Mais lorsqu’il faut connaître précisément les financements disponibles, les réglementations, les diffuseurs, les producteurs, les studios, les mécanismes de coproduction ou les données de marché de chacun des 54 pays africains, l’information devient beaucoup plus difficile à trouver. C’est de ce constat qu’est née une grande partie de ce que je construis aujourd’hui. Je suis passée progressivement d’une logique de projets à une logique d’infrastructure.

Parlez-nous de L’Étoile de l’Afrique et de l’Observatoire de l’Audiovisuel Africain et de leurs objectifs.

L’Étoile de l’Afrique® structure. L’Observatoire mesure. L’Étoile de l’Afrique accompagne les talents, les producteurs, les professionnels et les projets. Nous travaillons notamment sur la formation, la professionnalisation, la mise en réseau, la diplomatie culturelle et la circulation des œuvres. L’Observatoire de l’Audiovisuel Africain répond à une autre nécessité : produire de la connaissance stratégique sur nos industries.

"Nous développons également un réseau de correspondants et de cellules pays afin que cette connaissance ne soit pas uniquement produite depuis Paris. La donnée technologique doit rencontrer la donnée organique du terrain. Et nous construisons tout cela sur un axe très clair : Afrique – Europe – Diasporas."

Notre ambition est de documenter progressivement les 54 pays africains : réglementation, financements, acteurs, marchés, production, télévision, cinéma, streaming, intelligence artificielle et circulation internationale des œuvres. Nous développons également un réseau de correspondants et de cellules pays afin que cette connaissance ne soit pas uniquement produite depuis Paris. La donnée technologique doit rencontrer la donnée organique du terrain. Et nous construisons tout cela sur un axe très clair : Afrique – Europe – Diasporas. L’objectif final est simple : donner aux professionnels, institutions et décideurs des outils leur permettant de prendre de meilleures décisions.

Le secteur de la production en Afrique connaît une dynamique inédite. Quelles actions les acteurs du territoire doivent-ils mettre en place pour développer ce secteur ?

Il faut sortir d’une idée qui me semble dangereuse : croire que le talent suffira. L’Afrique ne manque pas de talents. Elle manque encore d’infrastructures suffisamment structurées autour de ses talents. Il faut renforcer simultanément la formation professionnelle, les mécanismes de financement, les studios, les dispositifs fiscaux, les fonds nationaux, la distribution, la coproduction intra-africaine et la protection juridique des œuvres.

Il faut également professionnaliser davantage les dossiers. Une excellente idée accompagnée d’un budget fragile, d’une stratégie de distribution inexistante ou d’une chaîne de droits mal sécurisée reste un projet fragile. Enfin, les États doivent considérer l’audiovisuel comme une industrie stratégique, pas uniquement comme un secteur culturel que l’on finance ponctuellement à l’occasion d’un festival. Une œuvre est aussi un actif économique, diplomatique et narratif.

Quel impact aura l’intelligence artificielle sur le secteur de la production en Afrique ?

Il sera considérable. L’IA va réduire certains coûts, accélérer la préproduction, faciliter le développement de scénarios, la traduction, le sous-titrage, le doublage, la recherche documentaire, la préparation des tournages, certains effets visuels et une partie des tâches administratives. Pour des industries confrontées à des contraintes importantes de financement, c’est une opportunité majeure. Mais je pose une limite très claire : l’IA assiste. L’humain crée et décide. Les sources apportent les preuves. L’expertise humaine valide le projet. Si nous utilisons uniquement des modèles entraînés principalement sur des représentations produites ailleurs, nous risquons d’automatiser les biais qui existent déjà sur l’Afrique. L’enjeu n’est donc pas seulement d’utiliser l’intelligence artificielle. Il faut aussi construire des datasets africains, des compétences africaines et une gouvernance responsable de l’IA appliquée aux industries culturelles et créatives. C’est précisément l’un des chantiers que je souhaite développer.

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Citez-nous un ou quelques échecs et les leçons que vous en avez tirées.

J’ai connu des projets qui n’ont pas abouti, des collaborations qui se sont arrêtées, des portes qui se sont fermées et des personnes dont j’avais probablement surestimé la loyauté. Mais j’ai appris quelque chose d’essentiel : un refus n’est pas toujours un échec. C’est parfois une information stratégique.

"J’ai également appris à moins dépendre d’une personne, d’un partenaire ou d’une institution. Aujourd’hui, lorsque je construis un projet, je construis également son autonomie. Enfin, j’ai appris à protéger davantage mes idées, mes concepts et mes méthodes. Dans les industries créatives, avoir une bonne idée est important. Savoir la protéger et l’exécuter l’est encore davantage."

J’ai également appris à moins dépendre d’une personne, d’un partenaire ou d’une institution. Aujourd’hui, lorsque je construis un projet, je construis également son autonomie. Enfin, j’ai appris à protéger davantage mes idées, mes concepts et mes méthodes. Dans les industries créatives, avoir une bonne idée est important. Savoir la protéger et l’exécuter l’est encore davantage.

Quels sont vos projets d’avenir ?

Ils sont nombreux, mais ils appartiennent tous à la même architecture. Je souhaite consolider l’Observatoire de l’Audiovisuel Africain comme infrastructure de référence sur les industries cinématographiques et audiovisuelles des 54 pays africains et de sa Diaspora. Nous développons parallèlement notre présence en Afrique, nos programmes de formation, notre travail autour de l’intelligence artificielle responsable et nos grands rendez-vous professionnels. Je souhaite également développer Le Printemps du Cinéma Africain, avec notamment un Forum des Ministres et des Industries de l’Image, et poursuivre le Sommet de la Souveraineté Narrative à Cannes. Mon ambition n’est pas d’accumuler des événements. Je veux construire un écosystème cohérent qui relie la donnée, la formation, la production, les talents, les institutions, l’IA et la circulation internationale des œuvres.

Si vous deviez remercier quelques personnes, qui seraient-elles et que représentent-elles pour vous ?

Je remercierais :

  • ma Famille, parce qu’elle connaît la réalité derrière les annonces, les rendez-vous et les projets : les heures de travail, les doutes, les déplacements et les sacrifices;
  • les professionnels et les institutions qui ont choisi de regarder sérieusement ce que nous construisons avant même que tout soit terminé. Leur confiance compte particulièrement;
  • les talents africains qui nous confient leurs projets. Ils me rappellent pourquoi cette infrastructure doit exister.

Quelles sont les trois qualités d’un leader ?

Les qualités d'un leader sont :

  • la vision, elle permet de savoir où aller;
  • le courage qui permet d’avancer lorsque tout le monde n’est pas encore convaincu;
  • l’exécution car elle transforme les discours en réalité.

Nous avons suffisamment de belles déclarations d’intention. Le leadership se mesure aussi à ce qui existe réellement après les réunions.

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Que pouvez-vous conseiller aux jeunes générations pour atteindre leurs objectifs ?

Je conseille les jeunes de ne pas chercher uniquement à être visible, de chercher, plutôt, à devenir compétent. Je leur conseille d'apprendre un métier, de maîtriser les outils technologiques, de comprendre l’économie de leur secteur d'activité. Je leur conseille d'apprendre à lire un contrat, de construire un budget, de défendre une idée et d'utiliser intelligemment les nouvelles technologies. Je leur conseille surtout de documenter leur travail. Les réseaux sociaux peuvent créer une impression de réussite extrêmement rapide. Mais une carrière se construit sur ce que vous savez réellement faire lorsque la caméra du téléphone est éteinte.

Citez trois bienfaits immédiats de l’entrepreneuriat pour l’Afrique.

Les bienfaits de l'entrepreneuriat pour l'Afrique sont :

  • l’emploi;
  • l’innovation;
  • la souveraineté économique.

Entreprendre permet de créer localement de la valeur et des emplois. Cela permet également de développer des solutions adaptées aux réalités du terrain plutôt que d’importer systématiquement des modèles conçus ailleurs. Enfin, l’entrepreneuriat contribue à conserver davantage de propriété intellectuelle, de compétences, de données et de valeur économique sur le continent.

Quelle est la citation parfaite qui résume votre vie ?

Je dirais : « Ne demandez pas une place dans une architecture qui ne vous a pas prévue. Construisez la vôtre. »

Cela résume assez bien mon parcours et ma manière de travailler.

Quelques mots sur Arcare Concept notre blog

J’apprécie les espaces éditoriaux qui choisissent de mettre en lumière des parcours entrepreneuriaux tout en s’intéressant à ce qu’ils peuvent transmettre. Un média ou un blog consacré au leadership ne doit pas seulement montrer des réussites : il doit permettre de comprendre comment elles se construisent, avec leurs obstacles, leurs méthodes et leurs enseignements. C’est cette transmission qui peut être réellement utile aux prochaines générations.

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Si vous deviez recommander votre blog à trois personnes qui incarnent le leadership autour de vous, qui seraient-elles et quelles sont leurs activités ?

Je le recommanderais volontiers à trois profils issus d’univers complémentaires : un dirigeant des industries culturelles et créatives, une personnalité engagée dans la diplomatie culturelle et un entrepreneur africain travaillant sur l’innovation ou l’intelligence artificielle. Je dirais :

  • Tata Françoise REMARCK, Ministre de la Culture de l’État de la Côte d’Ivoire;
  • Aïssatou MAÏGA qui est un monument de notre écosystème et une soeur;
  • Enora CONTANT, cofondatrice de Ah!Production car elle est marraine de ma formation en Cinéma et IA.

Ce sont précisément ces croisements qui m’intéressent aujourd’hui : culture, économie, technologie et influence.

Citez-nous un ouvrage ou une personne qui a contribué à votre développement personnel.

Ce qui contribue bien plus qu’un ouvrage à mon développement personnel, ce sont les parcours des bâtisseurs qui m’intéressent. J’aime étudier les personnes qui ont réussi à transformer une intuition en système, puis un système en institution. Cela m’apprend davantage que les discours sur le succès : je veux comprendre l’architecture derrière la réussite.

Citez-nous un fait ou un personnage que vous trouvez remarquable dans l’histoire de votre pays.

Je citerais la Reine Nzinga, sans hésitation. Ce qui me fascine chez elle, au-delà de la souveraine et de la stratège qu'elle est, c’est sa capacité à comprendre très tôt que le pouvoir se joue aussi dans la négociation, la diplomatie, les alliances et la maîtrise de son propre récit. Elle a gouverné et résisté dans un environnement politique extrêmement complexe, face à la puissance coloniale portugaise, en refusant que d’autres décident à sa place de l'avenir de son territoire, de son autorité et de son destin. En tant que femme, son parcours me parle également. Elle me rappelle que les femmes africaines n’ont pas attendu l’époque contemporaine pour exercer le pouvoir, négocier avec des puissances étrangères, diriger des États ou penser des stratégies géopolitiques. Plusieurs siècles plus tard, je retrouve dans son histoire une question qui traverse tout mon travail autour de la souveraineté narrative : si vous ne maîtrisez pas votre territoire, votre parole, vos alliances et la manière dont votre histoire est racontée, d’autres finiront par le faire à votre place. Nzinga n’est donc pas seulement pour moi une grande figure de l’histoire africaine. Elle incarne une certaine idée du leadership, de la souveraineté et de la diplomatie africaine.

Soumaïla DIAKITE

Soumaila Diakité est le Fondateur de la start-up Arcare Concept. Il est spécialisé dans la création, le conseil et l'accompagnement des entrepreneurs, notamment dans leur communication et leur stratégie digitale. Il anime également des formations dans la communication digitale des institutions (Collectivités Publiques, Associations, Professions Liberales et Entrepises). Les tarifs sont indicatifs et s'adaptent aux réalités économiques des pays où sont situés nos collaborateurs (France, Mali, espace francophone).

Contacts : soumaila.diakite@gmail.com / Téléphone : 0033 6 65 57 09 87 / Région Hauts-de-France, France

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Arcare Concept - Le Blog est un blog dédié à la promotion, la valorisation, la mise en lumière des accomplissements sur le plan individuel et collectif. Il s'agit d'une campagne stratégique (sur le court, moyen et long terme), une institution de guerre économique au service des talents, des leaders, des parcours singuliers, des projets et des entreprises qui concourent au rayonnement de l'espace francophone. Notre média souligne avec attention son intérêt pour la diversité, notamment les personnes issues de la communauté africaine qui osent faire bouger les lignes pour montrer une autre Afrique. Une Afrique qui se traduit par l'ambition, la créativité, l'humanité, la promotion de la culture de l'excellence, l'évolution (dans le bon sens) mais aussi le partage des valeurs traditionnelles et ancestrales (utiles) sans oublier la modernité. Grâce à ce blog nous avons interviewé des hommes et des femmes aux parcours fascinants.

"Les Africains d'origine et ceux de la diaspora doivent donc s'unir pour faire bloc, face à ce manque de présence (active) de leur part dans la sphère médiatique car ils sont peu ou pas représentés. Entre les deux perspectives nous avons une communauté mal représentée par les médias qui sont rarement bienveillants (dans un cas) ou peu compétents en la matière (dans d'autres cas) car ignorants face à nos réalités."

La communauté africaine a besoin de médias comme Arcare Concept - Le Blog qui facilite la promotion ainsi que la valorisation du parcours de ses invités, celle de leurs produits, services ou professions sans oublier que nos contenus favorisent le réseautage et la mise en relation entre les professionnels. Enfin ce qui fait la spécificité du média Arcare Concept - Le Blog c'est notre politique RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises cliquez sur Modibo Charity Concept, pour en savoir plus) qui consiste à promouvoir financièrement des porteurs de projet à travers la rédaction d'articles de ce genre pour les entreprises, les associations, les collectivités territoriales, les start-up, la société civile et les porteurs de projet. Avec notre rémunération nous finançons un porteur de projet (ou plusieurs). Le financement de ces projets se fait sur 2% de nos ressources financières par article écrit.

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Avec plus de 270 articles à notre actif, la connaissance du terrain et les aspirations de la jeunesse, nous sommes arrivés à la conclusion, chez Arcare Concept - Le Blog, que l'Afrique n'est plus effrayée par le succès, avec ou sans les diplômes qui créent un décalage dévalorisant entre le monde francophone et la population active. Durant des années ce décalage emprisonne les potentiels, étouffe les perspectives, détruit des avenirs dans l'espace francophone et plus particulièrement dans l'Afrique francophone. Ce décalage qui consiste à croire que c'est le diplôme qui fait la réussite, détermine, souvent de façon réductrice, les aptitudes des hommes et des femmes qui les acquièrent.

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