Il est facile de résumer notre entrevue avec le Docteur Oumar Keita en quelques mots ou concepts forts. Ces derniers sont ''formation'', ''expérience'', ''gratitude'', ''recherche'' et ''culture''. Des mots qui sont loin d'être neutres dans le parcours de cet ancien Ambassadeur du Mali à l'UNESCO (United Nations Éducational, Scientific and Cultural Organization). Il convient d'insister sur le mot UNESCO qui signifie en français Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture. En effet, le sigle UNESCO est entré dans les usages mais il est souvent peu compris par le grand public, dans sa réelle signification. Dans le cadre d'une entrevue avec un Docteur, la recherche de preuves et d'arguments techniques s'impose. Ce qui nous place dans une démarche scientifique et transparente. L'UNESCO ou l'Organisation des Nations Unies pour l'Éducation, la Science et la Culture est un département ou un pôle des Nations Unies, qui a pour objectif de valoriser, protéger, préserver, renforcer ou promouvoir l'héritage, les acquis ou les découvertes matériels et immatériels d'une communauté, un pays, une nation qui fondent leurs visions sur une civilisation ou plusieurs civilisations. Cette définition qui ressort de notre grille de lecture après notre analyse nous permet de donner exemples qui nous permettent de mentionner :
- l'Europe qui a hérité de la civilisation gréco-romaine, judéo-chrétienne, arabo-musulmane et turque;
- le Moyen-Orient qui a hérité de la civilisation arabo-musulmane;
- le continent américain qui repose sur la civilisation indienne et européenne;
- l'Afrique qui est le fruit de la civilisation africaine, arabo-musulmane et européenne à travers son apport judéo-chrétien.
Ces différents héritages dans le temps et dans l'espace, témoigne de la mobilité qui a toujours été ancré dans l'histoire humaine. Ce qui crée le métissage physique mais aussi culturel, matériel et immatériel dans un endroit ou un autre de la planète. L'une des missions de l'UNESCO est de veiller sur la conservation ainsi que la pérennité de ces héritages matériels et immatérielles dans un contexte de mondialisation qui redéfinit le rapport à l'identité à l'échelle des peuples, des nations et des pays.
" Cela nous permet de mieux comprendre le travail de Oumar Keita, ancien Ambassadeur, Délégué permanent du Mali auprès de l'UNESCO. Titulaire de plusieurs Masters et Doctorats, il combine formation continue et grande responsabilité dans des instances diplomatiques internationales. Ce qui lui permet d'être une figure importante, dotée d'une solide expérience en matière de développement culturel pouvant servir le Mali dont il est originaire. Sa démarche intellectuelle qui sert une dynamique de retour d'expérience en faveur du Mali et de l'Afrique, nous permet de découvrir une importance insoupçonnée de la culture d'un pays dans le monde, plus précisément la culture malienne qui est riche et diverse. "
Cela nous permet de mieux comprendre le travail de Oumar Keita, ancien Ambassadeur, Délégué permanent du Mali auprès de l'UNESCO. Titulaire de plusieurs Masters et Doctorats, il combine formation continue et grande responsabilité dans des instances diplomatiques internationales. Ce qui lui permet d'être une figure importante, dotée d'une solide expérience en matière de développement culturel pouvant servir le Mali dont il est originaire. Sa démarche intellectuelle qui sert une dynamique de retour d'expérience en faveur du Mali et de l'Afrique, nous permet de découvrir une importance insoupçonnée de la culture d'un pays dans le monde, plus précisément la culture malienne qui est riche et diverse. Grace à notre entrevue nous avons eu l'opportunité d'en savoir plus sur ses nouveaux projets qui vont de la sensibilisation autour de la culture à la gestion de projets à dimension internationale. En plus de la parution de son livre "La diplomatie culturelle, sous l'angle de la délégation permanente du Mali auprès de l'UNESCO", il a participé à la constitution du Haut Conseil de la Diplomatie Africaine (HDCA) qui s'appuie sur la diplomatie économique et culturelle comme une alternative au développement des pays africains. Nous avons assisté à une présentation de l'organisation, le 17 juillet 2026 à Paris, en présence d'acteurs de la diaspora africaine comme le Club des Entrepreneurs Maliens, Diaspora Débout. Parmi les invités figuraient également des représentants de l'UNESCO comme le styliste Alphadi, l'ambassade du Sénégal en France, des personnalités impliquées dans la politique locale comme Fatna Lamir, des entrepreneurs, des écrivains comme Jean Pierre Magot et la presse. Sous la présidence de Monsieur Pape N'dongo et des autres membres du bureau, l'assemblée est ressorti de cet événement avec une certaine connaissance de la diplomatie économique qui devient nécessaire voire urgente dans le cadre du développement de l'Afrique. Grace au développement des Technologies de l'Information et de la Communication dont l'Intelligence Artificielle semble être l'ambassadeur mondiale à l'heure actuelle, l'Afrique a besoin de s'approprier sa culture, d'en être la principale actrice pour l'exploiter à son avantage. Ce qui nécessite, l'éducation, la formation, la sensibilisation, la création, un impact économique et touristique afin que les africains la portent, avec connaissance, maitrise, savoir-faire et savoir-être, dans un cadre diplomatique, sur le plan mondial.
Suite à sa présentation conjointe du HCDA avec le Président de la structure, nous avons été convaincus par l'importance des actions collectives en faveur de la structuration et du développement d'une diplomatie économique africaine portée par les États africains, leurs ambassades, leurs diasporas, les acteurs économiques et les associations qui agissent dans cette dynamique. Cette démarche culturelle n'est pas étrangère aux actions de Arcare Concept qui a inauguré en février 2026 à Bamako, la Bibliothèque Sociale Modibo et Kadiatou.
La structure qui est située à Baco Djicoroni Golf a 2 objectifs :
- lutter contre le vide culturel dans l'une des capitales les plus peuplées de l'Afrique de l'ouest car cette démographie fortement marquée par sa jeunesse a besoin de symboles, de figures et de programmes culturels capables de lui faciliter l'accès au monde à travers le livre comme outil d'apprentissage, d'alphabétisation, d'étude voire de développement économique;
- participer au rayonnement de la culture à travers l'exposition de la population à l'art et à la culture sous différentes formes.
Chez Arcare Concept, nous sommes fiers de contribuer au développement d'un secteur qui nous tient à cœur. Il s'agit du cinéma qui est un puissant levier culturel pour développer l'économie, le tourisme et l'imaginaire d'un pays. En ce moment Arcare Concept collabore avec la Maison de Production Bouctou TV (en référence au personnage de Bouctou liée à la Ville de Tombouctou) dans le cadre de la série à succès ''Les Rouages du Destin" disponible sur YouTube et qui comptabilise plusieurs millions de vue.
Au regard de notre vision économique, nous sommes reconnaissants de donner la parole aux experts de la stratégie culturelle comme Oumar Keita qui nous démontre l'impact de la culture sur un territoire et en dehors de ce dernier sur le plan économique et social. Malheureusement l'écosystème culturel ne dispose pas de fonds suffisants, d'acteurs suffisamment formés qui disposent de ressources nécessaires pour créer une véritable industrie au niveau local et international. Mais l'ouvrage récent de Oumar Keita ainsi que le HCDA semblent être des pistes de réponses, non exhaustives, mais argumentées pour guider les pays ou les villes africaines vers des politiques culturelles locales, souples et suffisamment agiles pour créer de la valeur à l'international.
" Pour atteindre ces objectifs sur le moyen et long terme, la diaspora africaine aura un rôle primordiale. Une diaspora qui a besoin d'être accompagnée et formée à l'entrepreneuriat comme l'a souligné le Président Pape N'dongo. Car selon lui, l'ancien modèle de l'immigration qui consiste à venir travailler pour un salaire jusqu'à la retraite avant de rentrer en Afrique, commence à montrer ses limites face aux nouveaux défis qui attendent le continent africain qui fait l'objet d'intérêt du monde. "
Pour atteindre ces objectifs sur le moyen et long terme, la diaspora africaine aura un rôle primordiale. Une diaspora qui a besoin d'être accompagnée et formée à l'entrepreneuriat comme l'a souligné le Président Pape N'dongo. Car selon lui, l'ancien modèle de l'immigration qui consiste à venir travailler pour un salaire jusqu'à la retraite avant de rentrer en Afrique, commence à montrer ses limites face aux nouveaux défis qui attendent le continent africain qui fait l'objet d'intérêt du monde. Une vision qui se résume dans le slogan du HCDA qui est : unir l'Afrique, porter sa voix, renforcer son influence.
Vous souhaitez contacter Oumar Keita ou en savoir plus sur le HCDA ? Vous pouvez cliquer sur les liens suivants :
- LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/amb-dr-oumar-ke%C3%AFta-94672133/
- Site internet : https://hcda-diplomacy.com/
Les acteurs locaux et la diaspora africaine disposent d'énormes ressources autour d'eux pour rendre nos territoires attractifs. Nous vous laissons les découvrir à travers des actions concrètes qui ressortent de notre interview avec Oumar Keita. Ces actions nécessitent la formation des acteurs, la mutualisation des moyens et la capacité à exploiter les ressources sur les territoires d'intervention (Afrique, Europe, etc.). Car la diplomatie sous-entend un rapport de maitrise de l'action au niveau local et international.
Pouvez-vous vous présenter à nos lectrices et lecteurs s’il vous plaît ?
Je suis historien, anthropologue, politologue, diplomate, chercheur en relations internationales, auteur et expert en diplomatie culturelle, gouvernance et développement. Je suis titulaire de deux doctorats en Histoire et Civilisations à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) de Paris et en Anthropologie Politique (Université de Bamako), ainsi que deux Masters 2 à l’Université Paris 2 Panthéon Assas en Marketing et Communication des Entreprises. J'ai obtenu un Master 2 Master of Public Administration (MPA), Études Diplomatiques et Relations Internationales au Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques (CEDS) de Paris, je conjugue une solide formation académique à une riche expérience de terrain. Mon parcours est guidé par une conviction profonde : les nations qui investissent dans leur intelligence collective, leur patrimoine culturel et leur capital humain bâtissent les fondements d’un développement durable et d’une influence pérenne. Ambassadeur, Délégué permanent du Mali auprès de l'UNESCO de 2014 à 2021, j’ai représenté mon pays, le Mali au sein de l’organisation, défendu ses intérêts, valorisé son patrimoine culturel et présidé le Groupe Afrique de l’UNESCO, fédérant les positions des 54 États africains sur les grands enjeux de l’éducation, la culture, les sciences et le développement durable.
" Le Mali, dont l’histoire a profondément marqué la civilisation africaine et universelle, possède des atouts considérables qu’il nous appartient de mieux révéler au monde."
Auteur de plusieurs ouvrages consacrés au Mali, au Sahel et aux relations internationales, dont “Comprendre la crise malienne” , “Mali, construction d’un champ politique l’évolution du système politique au Mali à travers l’action des partis politiques de 1946 à 1996” ; et “La diplomatie culturelle sous l’angle de la Délégation permanente du Mali auprès de l’UNESCO – Influence et stratégie”, j’ai développé une réflexion sur le rôle de la culture comme levier d’influence, de paix et de développement. Engagé en faveur du transfert de compétences et de la mobilisation de la diaspora, j’ai conduit plusieurs études stratégiques sur les ressources techniques et financières des Maliens de l’extérieur et j’œuvre au renforcement des capacités institutionnelles, à la coopération internationale et au rayonnement du Mali et de l’Afrique. À travers mes fonctions, mes travaux de recherche, mes missions de conseil auprès d’organisations internationales et mes publications, je m’efforce de promouvoir une diplomatie moderne, fondée sur le dialogue, la coopération et la valorisation des richesses culturelles africaines. Le Mali, dont l’histoire a profondément marqué la civilisation africaine et universelle, possède des atouts considérables qu’il nous appartient de mieux révéler au monde.
Si vous deviez vous définir en trois mots, que choisiriez-vous et pourquoi ?
Je choisirais :
- la vision, parce qu’elle permet de regarder au-delà des contraintes du présent. Un responsable ne se contente pas de gérer l’existant, il prépare l’avenir et ouvre des perspectives;
- l’engagement, parce qu’aucune responsabilité publique ou internationale ne peut être exercée avec efficacité sans une volonté constante de servir l’intérêt général. Mon parcours s’est toujours inscrit dans cette logique de contribution au développement du Mali, de l’Afrique et du multilatéralisme et;
- la résilience, enfin, parce qu’aucun parcours n’est linéaire. Les défis, les épreuves et les remises en question sont autant d’occasions de progresser. J’ai appris que la persévérance constitue souvent la différence entre une ambition abandonnée et une réussite durable.
Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Mon parcours est celui d’un universitaire devenu praticien des relations internationales. J’ai consacré plusieurs années à l’étude de la diplomatie, de la gouvernance, des politiques culturelles et du développement. Cette formation académique s’est progressivement enrichie d’une expérience de terrain, notamment au sein de l’UNESCO, où j’ai travaillé sur des questions liées au patrimoine, à la culture de la paix, à la mobilisation des compétences de la diaspora et à la coopération internationale.
" J’ai également conduit plusieurs missions stratégiques portant sur la valorisation des ressources nationales, le développement des industries culturelles, la mobilisation des expertises maliennes à travers le monde et les mécanismes innovants d’auto-accompagnement du Mali. Cette double expérience, intellectuelle et opérationnelle, nourrit aujourd’hui ma réflexion sur la place que peut occuper le Mali dans les grandes transformations internationales."
J’ai également conduit plusieurs missions stratégiques portant sur la valorisation des ressources nationales, le développement des industries culturelles, la mobilisation des expertises maliennes à travers le monde et les mécanismes innovants d’auto-accompagnement du Mali. Cette double expérience, intellectuelle et opérationnelle, nourrit aujourd’hui ma réflexion sur la place que peut occuper le Mali dans les grandes transformations internationales.
Vous représentez un bout du Mali dans le monde à travers votre poste à l’UNESCO. Parlez-nous de cette expérience.
Représenter le Mali auprès de l’UNESCO dépasse largement le cadre d’une fonction administrative ; c’est porter la voix d’une civilisation. Le Mali est l’héritier d’une histoire exceptionnelle, celle des grands empires africains, de Tombouctou, des manuscrits anciens, de Djenné, des Falaises de Bandiagara, des traditions orales et musicales qui appartiennent désormais au patrimoine de l’humanité. Au sein de l’UNESCO, chaque dossier, chaque négociation, chaque partenariat constitue une occasion de rappeler que notre patrimoine n’est pas seulement un héritage du passé, mais une ressource stratégique pour construire l’avenir. Cette expérience m’a également convaincu que la diplomatie contemporaine ne repose plus uniquement sur les rapports de force. Elle repose aussi sur la capacité d’un pays à inspirer, à convaincre et à dialoguer. C’est précisément tout l’enjeu de la diplomatie culturelle.
Grâce à cette expérience, vous avez acquis une expertise. Dans une dynamique de transfert de compétences, qu’apporteriez-vous au Mali ?
Le véritable développement repose avant tout sur la transmission. Je souhaiterais contribuer à la formation d’une nouvelle génération de diplomates, de hauts fonctionnaires, de chercheurs et de jeunes leaders capables d’évoluer dans les grandes institutions internationales. Je souhaite également participer à l’élaboration d’une véritable stratégie nationale de diplomatie culturelle qui associe les ministères, les collectivités territoriales, les universités, les opérateurs économiques, les artistes et la diaspora. Enfin, je crois profondément au rôle de la diaspora comme accélérateur de développement. Les compétences maliennes réparties dans le monde représentent un capital stratégique qu’il convient de mieux organiser et mobiliser.
C’est pourquoi, l’UNESCO m’avait confié une étude sur la mobilisation des compétences de la diaspora malienne et de sa formation professionnelle. L’objectif général de cette étude « Contribution de la Diaspora Malienne à la Transformation Sociale et Économique pour le développement du Mali » est de renforcer la contribution de la diaspora malienne au développement socio-économique du pays en favorisant le transfert de compétences, d’expertises et d’expériences, tout en créant des opportunités d’emploi et d’entrepreneuriat pour les jeunes et en réduisant la pauvreté, en particulier parmi les populations vulnérables des zones urbaines et rurales. Dans cette dynamique, l'objectif consistait à :
- promouvoir le transfert de compétences et d’expertises : faciliter le partage des compétences intellectuelles et techniques de la diaspora malienne en établissant des programmes de mentorat, de formation et de transfert de savoir-faire dans des secteurs clés de l’économie malienne, tels que l’agriculture, les technologies de l’information, les systèmes financiers, la santé, l’éducation et les énergies renouvelables. Encourager l’entrepreneuriat et la création d’emplois : soutenir la création d’entreprises dirigées par des jeunes maliens en fournissant un accès à des financements, à des formations en gestion d’entreprise et à des ressources entrepreneuriales, en mettant l’accent sur les secteurs économiques porteurs identifiés dans le cadre du Programme Décennal de Développement de la Formation Professionnelle pour l’Emploi (PRODEFPE);
- favoriser l’utilisation des Langues Nationales : développer des programmes de formation et de mentorat en utilisant les langues nationales comme langues d’instruction, permettant ainsi aux maliens des zones rurales, qui ne maîtrisent pas le français, d’accéder aux compétences et expertises de la diaspora;
- renforcer les capacités nationales : améliorer les infrastructures et les compétences locales pour garantir la durabilité de l’initiative et augmenter l’accès des jeunes à des formations professionnelles de qualité, à l’emploi et à l’entreprenariat;
- réduire la pauvreté : en ciblant les populations vulnérables des zones urbaines et rurales, l’initiative vise à contribuer à la réduction de la pauvreté en offrant des opportunités d’emploi, en améliorant l’accès à l’éducation et à la formation professionnelle, et en soutenant le développement économique des communautés;
- établir un partenariat efficace : renforcer la collaboration entre le Gouvernement du Mali, le système des Nations Unies, les agences concernées, les partenaires techniques et financiers, ainsi que la diaspora malienne, pour assurer le succès de l’initiative et mobiliser les ressources nécessaires.
Parlez-nous de votre ouvrage La diplomatie culturelle sous l’angle de la Délégation permanente du Mali auprès de l’UNESCO – Influence et stratégie.
Cet ouvrage est avant tout une réflexion stratégique. Il part d’un constat simple : dans un monde marqué par la compétition des influences, les États qui savent mobiliser leur patrimoine culturel disposent d’un avantage considérable. J’y développe l’idée que la culture ne constitue pas un secteur périphérique des politiques publiques. Elle est au contraire un instrument de souveraineté, de dialogue, de développement économique et de rayonnement international. À travers l’exemple de la Délégation permanente du Mali auprès de l’UNESCO, je montre comment la diplomatie culturelle peut devenir un véritable outil de soft power, capable de renforcer la visibilité du Mali, d’attirer des partenariats internationaux, de soutenir les industries culturelles et de contribuer à la réconciliation nationale. J’espère que ce livre participera à faire évoluer la manière dont nous concevons la diplomatie africaine au XXIᵉ siècle.
Citez-nous un ou quelques échecs et les leçons apprises.
Je préfère parler d’expériences formatrices plutôt que d’échecs. Certaines initiatives n’ont pas produit les résultats espérés, parfois en raison des contraintes institutionnelles, parfois parce que le contexte n’était pas encore favorable. Ces situations m’ont appris que la patience stratégique est une qualité essentielle. Les grandes transformations exigent de la constance, de l’écoute et une capacité permanente d’adaptation. L’expérience m’a enseigné qu’il faut savoir transformer les obstacles en opportunités d’apprentissage.
Quels sont vos projets d’avenir ?
Je suis actuellement le Secrétaire Général et le Directeur Exécutif du Haut Conseil de la Diplomatie Africaine. Je suis chargé de la coordination stratégique et opérationnelle de l’institution. Responsable du développement des relations diplomatiques et institutionnelles, du pilotage des programmes panafricains de paix, de gouvernance et diplomatie, ainsi que de la représentation du Haut Conseil de la Diplomatie Africaine (HCDA) auprès des États, des organisations internationales et des partenaires stratégiques. Je supervise également les équipes, les partenariats internationaux, la communication institutionnelle et la production d’analyses prospectives.
Je suis également le Directeur Exécutif de l’Institut d’Études Stratégiques pour le Sahel, qui est un Think Tank d’influence géopolitique, je continue à poursuivre mes recherches sur la diplomatie culturelle, le multilatéralisme africain et les politiques publiques. Je souhaite également publier de nouveaux ouvrages, contribuer davantage aux débats internationaux et accompagner les jeunes générations dans leur parcours professionnel. À plus long terme, j’aimerais participer à la construction de politiques publiques innovantes permettant au Mali de renforcer son influence régionale et internationale grâce à sa culture, à son patrimoine et à son capital humain.
Si vous deviez remercier quelques personnes, qui sont-elles ?
Je remercie :
- d’abord à mes Parents, qui m’ont transmis le goût de l’effort, du savoir et du service;
- ensuite mes enseignants, mes mentors, mes collègues ainsi que toutes les personnes rencontrées au cours de mon parcours professionnel, qui ont contribué à enrichir ma réflexion;
- tous les acteurs culturels, diplomatiques et universitaires qui, souvent dans la discrétion, œuvrent quotidiennement au rayonnement du Mali.
Quelles sont les trois qualités d’un leader ?
Un leader doit :
- avoir une vision, car il éclaire le chemin;
- faire preuve d’intégrité, car la confiance constitue son premier capital;
- posséder la capacité à rassembler, car aucun projet collectif ne peut réussir sans l’adhésion des femmes et des hommes.
Quel conseil donneriez-vous aux jeunes générations ?
Je leur dirais de croire en la puissance du savoir. Le monde évolue rapidement, mais une chose demeure : les compétences, la discipline et la curiosité intellectuelle restent les meilleurs passeports pour réussir. Je les encourage également à préserver leur identité culturelle tout en restant ouverts sur le monde. L’avenir appartient à ceux qui savent conjuguer enracinement et ouverture.
Arcare Concept Diary : un carnet d'adresse pour vos projets
Citez trois bienfaits immédiats de l’entrepreneuriat pour l’Afrique.
L’entrepreneuriat favorise :
- d’abord la création d’emplois;
- l’innovation en proposant des solutions adaptées aux réalités africaines;
- à renforcer la souveraineté économique en créant de la valeur localement.
Quelle est la citation qui résume votre vie ?
« Les nations les plus influentes ne sont pas seulement celles qui possèdent des ressources ; ce sont celles qui savent transformer leur culture, leur savoir et leurs compétences en puissance d’influence. »
Quelques mots sur Arcare Concept, notre blog.
Arcare Concept participe à une dynamique essentielle : mettre en lumière les parcours inspirants et promouvoir les talents africains. À travers ses publications, le blog contribue à diffuser des expériences, des idées et des modèles de réussite qui peuvent inspirer une nouvelle génération de leaders et d’entrepreneurs. Dans un contexte où les récits positifs sur l’Afrique sont indispensables, cette initiative mérite d’être saluée.
Si vous deviez recommander votre blog à trois personnes qui incarnent le leadership, qui seraient-elles ?
Je le recommanderais à :
- un entrepreneur africain engagé dans la transformation économique du continent;
- un diplomate ou responsable d’organisation internationale œuvrant pour la paix et la coopération;
- un universitaire africain dont les travaux nourrissent les politiques publiques et la réflexion stratégique.
Ces profils incarnent, chacun à leur manière, un leadership fondé sur l’action, la connaissance et la responsabilité.
Citez un ouvrage ou une personne qui a contribué à votre développement personnel.
L’ouvrage Soft Power de Joseph S. Nye a profondément marqué ma réflexion. Il démontre que l’influence durable ne repose pas uniquement sur la puissance militaire ou économique, mais également sur la culture, les idées, les valeurs et la capacité d’inspiration. Cette approche éclaire aujourd’hui ma vision de la diplomatie culturelle.
Citez un fait ou un personnage remarquable dans l’histoire de votre pays.
Je citerais plusieurs grandes figures de l’histoire du Mali. Tout d’abord, l’empereur Kankou Moussa, figure emblématique de l’Empire du Mali. Son règne symbolise une époque où le Mali était un carrefour mondial du savoir, du commerce, de la culture et des échanges entre les civilisations. Son héritage nous rappelle que notre histoire constitue une formidable source de confiance pour construire l’avenir. Plus qu’un souvenir glorieux, elle doit devenir une source d’inspiration pour les générations présentes et futures. Modibo Keïta, premier Président de la République du Mali et Père de l’indépendance. Il demeure l’une des figures fondatrices de notre Nation. Sa vision d’un Mali souverain, uni et maître de son destin continue d’inspirer les générations qui croient en la construction d’un État fort au service de son peuple. Je souhaite également rendre un hommage appuyé à Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), ancien Président de la République du Mali. Un homme qui aimait son pays, le Mali. Au-delà de son parcours politique, je lui suis profondément reconnaissant pour la confiance qu’il m’a accordée en me nommant premier Ambassadeur, Délégué permanent du Mali auprès de l’UNESCO.
"Tout au long de ma mission, j’ai eu le privilège de bénéficier de ses orientations, de ses conseils avisés et de son attachement constant au rayonnement du Mali sur la scène internationale. Cette responsabilité, à la fois exigeante et exaltante, a constitué un moment déterminant de mon parcours professionnel et humain. Elle a surtout renforcé ma foi dans le Mali et ma conviction profonde que notre pays possède, dans son histoire, sa culture, sa jeunesse, ses femmes et ses hommes, toutes les ressources nécessaires pour se relever, se projeter avec confiance vers l’avenir et affirmer pleinement sa place dans le concert des nations."
Tout au long de ma mission, j’ai eu le privilège de bénéficier de ses orientations, de ses conseils avisés et de son attachement constant au rayonnement du Mali sur la scène internationale. Cette responsabilité, à la fois exigeante et exaltante, a constitué un moment déterminant de mon parcours professionnel et humain. Elle a surtout renforcé ma foi dans le Mali et ma conviction profonde que notre pays possède, dans son histoire, sa culture, sa jeunesse, ses femmes et ses hommes, toutes les ressources nécessaires pour se relever, se projeter avec confiance vers l’avenir et affirmer pleinement sa place dans le concert des nations.
Soumaïla DIAKITE
Soumaila Diakité est le Fondateur de la start-up Arcare Concept. Il est spécialisé dans la création, le conseil et l'accompagnement des entrepreneurs, notamment dans leur communication et leur stratégie digitale. Il anime également des formations dans la communication digitale des institutions (Collectivités Publiques, Associations, Professions Liberales et Entrepises). Les tarifs sont indicatifs et s'adaptent aux réalités économiques des pays où sont situés nos collaborateurs (France, Mali, espace francophone).
Contacts : soumaila.diakite@gmail.com / Téléphone : 0033 6 65 57 09 87 / Région Hauts-de-France, France
Arcare Concept - Le Blog est un blog dédié à la promotion, la valorisation, la mise en lumière des accomplissements sur le plan individuel et collectif. Il s'agit d'une campagne stratégique (sur le court, moyen et long terme), une institution de guerre économique au service des talents, des leaders, des parcours singuliers, des projets et des entreprises qui concourent au rayonnement de l'espace francophone. Notre média souligne avec attention son intérêt pour la diversité, notamment les personnes issues de la communauté africaine qui osent faire bouger les lignes pour montrer une autre Afrique. Une Afrique qui se traduit par l'ambition, la créativité, l'humanité, la promotion de la culture de l'excellence, l'évolution (dans le bon sens) mais aussi le partage des valeurs traditionnelles et ancestrales (utiles) sans oublier la modernité. Grâce à ce blog nous avons interviewé des hommes et des femmes aux parcours fascinants.
"Les Africains d'origine et ceux de la diaspora doivent donc s'unir pour faire bloc, face à ce manque de présence (active) de leur part dans la sphère médiatique car ils sont peu ou pas représentés. Entre les deux perspectives nous avons une communauté mal représentée par les médias qui sont rarement bienveillants (dans un cas) ou peu compétents en la matière (dans d'autres cas) car ignorants face à nos réalités."
La communauté africaine a besoin de médias comme Arcare Concept - Le Blog qui facilite la promotion ainsi que la valorisation du parcours de ses invités, celle de leurs produits, services ou professions sans oublier que nos contenus favorisent le réseautage et la mise en relation entre les professionnels. Enfin ce qui fait la spécificité du média Arcare Concept - Le Blog c'est notre politique RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises cliquez sur Modibo Charity Concept, pour en savoir plus) qui consiste à promouvoir financièrement des porteurs de projet à travers la rédaction d'articles de ce genre pour les entreprises, les associations, les collectivités territoriales, les start-up, la société civile et les porteurs de projet. Avec notre rémunération nous finançons un porteur de projet (ou plusieurs). Le financement de ces projets se fait sur 2% de nos ressources financières par article écrit.
Avec plus de 270 articles à notre actif, la connaissance du terrain et les aspirations de la jeunesse, nous sommes arrivés à la conclusion, chez Arcare Concept - Le Blog, que l'Afrique n'est plus effrayée par le succès, avec ou sans les diplômes qui créent un décalage dévalorisant entre le monde francophone et la population active. Durant des années ce décalage emprisonne les potentiels, étouffe les perspectives, détruit des avenirs dans l'espace francophone et plus particulièrement dans l'Afrique francophone. Ce décalage qui consiste à croire que c'est le diplôme qui fait la réussite, détermine, souvent de façon réductrice, les aptitudes des hommes et des femmes qui les acquièrent.
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