1. Pouvez-vous vous présenter à nos lectrices et lecteurs s’il vous plaît ?
Je suis Taki KANTE ELKHALIL, écrivaine malienne, auteure du roman « Tourbillon dans un canari », publié en octobre 2025 aux éditions du Mandé et du recueil de poèmes « La face cachée de la lune », publié en décembre 2023 aux éditions La Sahélienne. Fille de Sambaly et Haoua, je suis khassonké, originaire de la première région du Mali, Kayes, la ville des rails. Diplômée en Audit et contrôle de gestion, je suis une personne éclectique et passionnée d’art. Par ailleurs, j’invite toutes les lectrices et lecteurs de ArcareConcept à se procurer mes ouvrages afin de plonger dans leurs plis onctueux, qui titillent l’imaginaire.
2. Si vous deviez vous définir en 3 mots, que choisirez-vous de nous dire et pourquoi ces qualités ?
Il n’est pas aisé de se définir soi-même. Cependant, je peux dire que je suis une personne créative, empathique et passionnée. En effet, j’ai tendance à laisser libre cours à mon imaginaire, à ressentir et partager profondément les joies et peines de mon entourage et à vivre passionnément mes idées et mes émotions.
3. Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Titulaire d’un bac scientifique et diplômée en Audit et Contrôle de Gestion, mon parcours académique et professionnelle étalé sur plusieurs continents a contribué à enrichir ma sensibilité littéraire et ma culture générale. Dotée d’expérience dans les organisations internationales et ayant bénéficié de plusieurs programmes internationaux, je travaille actuellement dans le domaine de la Coopération économique. Je suis également chargée de partenariat et de plaidoyer de l’association communautaire pour la protection de l’environnement, la lutte contre le changement climatique et la consolidation de la paix et de la cohésion sociale. Fille d’enseignant, j’ai baigné dans l’univers des livres depuis ma tendre enfance C’est ainsi que j’ai commencé à écrire très tôt des poèmes, des récits, à m’évader dans les méandres de mon imaginaire. Auteure invitée de la Rentrée littéraire du Mali 2023, un grand rendez-vous international des idées et des mots, je m’attèle à apporter ma petite pierre à l’édifice dans le domaine de l’éducation.
En tant que femme de lettre, parlez-nous de l’évolution de ce secteur grâce à l’apport des femmes.
Comme le disait Nelson MANDELA, « L'éducation est l'arme la plus puissante que l'on puisse utiliser pour changer le monde. ». L’apport des femmes dans le domaine de la littérature est d’autant plus important qu’elles représentent la moitié de l’humanité et constitue le fondement de la société. Pour moi, écrire c’est partager des morceaux d’univers, des bouts de vie, avec les autres. C’est à la fois un voyage fantastique au cœur de mondes inattendus et un fabuleux moyen d’expression. Au Mali, je sens qu’il y a un engouement croissant pour la lecture et l’écriture. Il me semble que, hommes comme femmes, nous sommes de plus en plus nombreux à célébrer la magie des idées et des mots. Et cela est une très bonne chose.
Cette année est placée sous l’année de la culture au Mali, quel rôle les femmes doivent jouer dans la promotion de la Culture ?
Tout d’abord, je voudrais saluer la vision stratégique de Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOÏTA, président de la Transition de la République du Mali, Chef de l’Etat, qui a décrété l’année 2025 « Année de la Culture au Mali ». Cette décision souligne l’importance de nous réapproprier notre récit, de valoriser notre imaginaire et positionner la création culturelle, notamment la littérature, comme un pilier essentiel de la souveraineté et du rayonnement du Mali. Notre histoire nous enseigne que les femmes ont toujours eu une place central dans le domaine de la Culture au Mali. Rappelons-nous qu’à l’origine, nos sociétés furent d’abord matrilinéaires. De fait, les femmes sont des actrices culturelles de premier plan au Mali en particulier et en Afrique en général. Elles ne devraient en aucun cas rester en marge de la promotion de la Culture.
Nous disons souvent qu’un écrivain doit avoir une très bonne capacité orale et écrite. Est-ce qu’une bibliothèque sociale pourrait être une ressource professionnelle pour vous dans la ville de Bamako ?
En effet, il est impératif pour un écrivain d’avoir une bonne capacité orale et écrite. L’écrivain a un imaginaire florissant et ressent souvent le besoin irrépressible de partager des bouts de vie, des émotions, des morceaux d’univers avec les autres. Pour ma part, j’ai un sens d’empathie très élevé et j’ai souvent l’impression de ressentir les émotions des autres, leurs joies, leurs peines. Je pense que plusieurs éléments nous conditionne à écrire. Il peut s’agir de notre nature, nos lectures, parfois on ne se l’explique pas. Pour étaler sur du papier les différents récits que l’on souhaite partager, il faut avoir un vocabulaire de base, un minimum de connaissances et de compétence qui s’acquiert lentement, au fil de nos expériences. L’éducation est un défi majeur en Afrique en général et au Mali en particulier. A ce titre, je ne doute pas qu’une bibliothèque sociale demeure une excellente ressource pour l’apprentissage. C’est un lieu où toute personne peut venir s’abreuver de savoir et nourrir son esprit.
Citez-nous un ou quelques échecs et les leçons apprises par vous
« Chaque jour l’oreille va à l’école » nous enseigne un dicton local au Mali. La vie est ainsi un chemin jonché de leçons et d’enseignements.
Quels sont vos projets d’avenir?
Une multitude de projets fourmille dans ma tête. Il s’agit notamment de nouveaux livres et de projets entrepreneurials et socio-culturels. Je vous réserve de belles surprises.
Si vous deviez remercier quelques personnes, qui sont-elles et que représentent-elles pour vous ?
Je voudrais remercier :
- mon Père Sambaly et ma mère Haoua;
- mon Époux Mohamed Abdellahi Elkhalil;
- mon frère, mes sœurs et toute ma famille au sens africain du terme. Ces personnes sont la lumière qui éclaire mon chemin.
Quelles sont les trois qualités d’un leader ?
Je dirai :
- la vision et Travail;
- l'exemplarité et;
- la discipline.
Que pouvez-vous conseiller aux générations futures pour atteindre leurs objectifs ?
En tant que jeune femme apportant ma petite pierre à l’édifice national, je ne peux qu’inviter tout le monde, jeunes et moins jeunes, à lire, à se former chaque jour, sans relâche. On ne finit jamais d’apprendre et de se former. Ce n’est que de cette manière que nous pourrons tirer notre pays vers le haut et briller de mille feux dans le concert des nations.
Cites 3 bienfaits immédiats de l’entreprenariat pour l’Afrique ?
L’entrepreneuriat présente de nombreux avantages. C’est un levier socio-économique majeur qui contribue au développement du continent. De plus, l’entrepreneuriat constitue un moyen d’autonomisation et de lutte contre le chômage.
13. Quelle est la citation parfaite qui résume votre vie ?
Il serait difficile de résumer ma vie par une citation. Jeune, je sais peu de chose. Tout ce que je peux dire c’est que la vie est une aventure palpitante riche en découvertes. Certes, je suis tentée de résumer mon parcours par la citation qui suit « Seul le travail paie ». Chaque jour, je me perds dans la contemplation des merveilles de la nature et rends grâce à Allah pour le souffle de vie.
Quelques mots sur Arcare Concept notre blog
Le blog Arcareconcept est une fabuleuse initiative qui magnifie et présente le Mali sur toutes les coutures : science, art, culture, gouvernance, éducation. C’est une plateforme innovante et dynamique. Félicitations au promoteur de Arcareconcept.com.
Si vous deviez recommander notre blog à 3 personnes qui incarnent le leadership autour de vous, qui sont elles et quelles sont leurs activités ?
Je recommande votre blog à tous ceux qui portent notre beau pays le Mali dans leur cœur. Singulièrement, je le recommande à :
- mon Époux, Mohamed Abdellahi ELKHALIL, écrivain passionné, spécialiste des questions sociales et sécuritaires du Sahel et promoteur du symposium du Sahel pour l'éradication de l'extrémisme violent, religieux et du terrorisme;
- M. Aboubacar Eros SISSOKO, écrivain renommé et véritable chantre de la culture malienne;
- Mme Assétou dite Tétou GOLOGO, promotrice de la marque Tamacali, qui met en valeur les perles. J’ai découvert la « reine des perles » à travers ses écrits raffinés sur les réseaux sociaux. Elle crée des bijoux artisanaux d’une beauté divine et je l’apprécie énormément pour son authenticité.
Citez nous un ouvrage ou une personne qui a contribué à votre développement personnel
Chaque ouvrage lu et chaque personne rencontrée sur mon chemin, a contribué à mon développement personnel. C’est une belle aventure humaine. Une des œuvres qui m’a beaucoup marquée est le palpitant roman « Ségou » de Maryse Condé, écrivaine de renommée mondiale.
Citez-nous un fait ou un personnage que vous trouvez remarquable dans l’histoire de votre pays.
Des hommes et des femmes remarquables jalonnent l’histoire du Mali. Parmi eux, je suis particulièrement inspirée par l’histoire de la sage-femme, militante et femme politique malienne Aoua KEÏTA, qui est aussi l’homonyme de ma mère Haoua. Première femme députée du Mali, Aoua KEÏTA a initié la Journée internationale de la Femme africaine (JIFA) reconnue le 31 juillet 1962 par l’ONU. Douze ans plus tard, le 31 juillet 1974, cette date a été consacrée « Journée de la femme africaine » à l’occasion du premier congrès de l’Organisation Panafricaine des Femmes (OPF) à Dakar, au Sénégal. Elle est une figure de proue de l’histoire du Mali et de l’Afrique. J’ai beaucoup apprécié son ouvrage autobiographique « Femme d’Afrique. La vie d’Aoua KEÏTA racontée par elle-même ».